Voici ma réponse à cet article (réponse ultra-longue, car argumentée

):
- Quel est le travail d’un journaliste ? Je vous pose la question.
Le journaliste doit collecter et traiter les informations en étant objectif. Il ne doit pas faire intervenir d’éléments affectifs ou personnels dans ses jugements. Il est normalement impartial : il relate ce qui est conforme à la réalité. Il décrit les faits avec exactitude.
Or, lorsque je lis cet article intitulé « Des cirques avec des animaux sans autre droit que souffrir », publié dans la rubrique Pense-bêtes du journal La Montagne, édition Creuse du 6 avril 2008, je me dis que la journaliste qui a publié cet article, n’entre pas dans cette conception du métier de journaliste.
En effet, dans cet article, tout va à l’encontre du cirque traditionnel « avec animaux ». La journaliste ne s’est appuyée que sur le témoignage de Théodore Monod, fondateur de One Voice, qui défend avec acharnement le cirque sans animaux. Cet article incite explicitement les lecteurs à boycotter les « cirques avec animaux », et à signer les pétitions sur Internet contre le cirque traditionnel et la détention d’animaux non domestiques.
Pourquoi ne pas avoir donné la parole aux défenseurs du « cirque avec animaux », qui travaillent dans ce milieu, comme Rex Bormann (du cirque Diana Moreno Bormann), ce dernier étant « expert rapporteur au Ministère de l’Ecologie », au sujet de la détention d’animaux sauvages et domestiques dans les cirques. Cela aurait permis de concilier les deux opinions afin d’atteindre ce fameux point de vue impartial.
Mais au-delà de cela, plusieurs faits relatés dans cet article sont réfutables. Tout d’abord, le titre : « Des cirques avec des animaux sans autre droit que souffrir », d’où se dégage l’esprit partisan du titre, nous indique que tous les animaux détenus par les cirques, seraient maltraités. Or, dans la majorité des cirques traditionnels, les animaux sont nourris et soignés quotidiennement, suivis par un ou plusieurs vétérinaire(s), vaccinés… Ils travaillent tous les jours et pendant un minimum de temps en dehors des représentations, en évitant d’utiliser le fouet, préférant faire usage d’une baguette de résine (y compris pendant les représentations). Ils sont récompensés avec des morceaux de viande, des légumes, des céréales (etc.), suivant la race des animaux. Ils travaillent en douceur, bien loin de ces « heures de domptages qui tiennent plus du martyre pour la bête que de l’apprentissage », que nous décrit l’article. De plus, dans nombre de cirques, les animaux bénéficient d’enclos vastes, de cages extérieures, en fonction de la place que la municipalité a attribuée au cirque, où ils peuvent se promener, se reposer (etc.). Et comme le dit Eric Bormann : « si mes animaux étaient malheureux, ils seraient moroses et agressifs alors qu’ils jouent toute la journée ». En effet, il ne faut pas oublier que les animaux sauvages (fauves, éléphants, singes…), peuvent prendre facilement le dessus sur l’homme et le tuer. Ils n’hésiteraient pas à le faire s’ils étaient maltraités.
Alors non, « les animaux des cirques ne subissent pas (pour la plupart) de conditions de détentions incompatibles avec leur bien-être. Ils ne sont pas parqués dans des cages trop étroites où ils n’ont pas la possibilité de se mouvoir ».
Aussi, si les animaux ne se sentaient pas biens, ils ne pourraient se reproduire et nous n’assisterions pas à cette abondance de naissances annoncées chaque années dans les cirques (15 lionceaux en 2006 au cirque Zavatta direction Prein, chameaux au cirque Amar en 2007, parmi mille autres).
L’article évoque également le fait que « de nombreuses espèces présentées sont en voie de disparition […] et leur présentation dans ces conditions ne favorise pas l’éducation des enfants à l’environnement ». Certes, les animaux « ne sont pas montrés dans leur milieu naturel ou même une reconstitution de celui-ci », comme le dit l’article ; cependant, les cirques traditionnels constituent un moyen de préserver des espèces en voie d’extinction, car les animaux se reproduisent en captivité, mais dans de bonnes conditions. C’est notamment le cas des tigres blancs, dorés ou roux, des éléphants (etc.). Nous pouvant d’ailleurs noter le cri d’alarme de Raoul Gibault, directeur du cirque Medrano, à ce sujet : « Il est intolérable que des établissements itinérants, possédant des remises et par conséquent des installations conformes, avec des animaux dont la traçabilité est établie, ne puissent pas participer aux programmes d’échanges et de maintien des espèces protégées, au même titre que les établissements fixes… »
Il faut également dire que le cirque est l’un des rares endroits où les enfants peuvent voir ces animaux. Et, presque tous les cirques possédant une ménagerie, installent des panneaux présentant l’origine, le milieu naturel, l’alimentation, les caractères morphologiques… de chaque animal. Donc oui, le cirque éduque d’une certaine façon les enfants à la nature, à l’environnement.
Ensuite, la journaliste indique que « la réglementation impose des règles de sécurité drastiques » (c’est-à-dire rigoureuses), « s’agissant des animaux classés dangereux ». Elle ajoute après : ces « règles [sont] souvent légères ». Quel paradoxe ! Ces règles seraient à la fois légères et rigoureuses. Mais il faut dire que ces règles sont là pour favoriser le bien-être des animaux. La législation impose une certaine largeur minimale pour les cages, pour un éléphant, il faut compter un minimum de 10m sur 10m d’espace. Ensuite se pose le problème de la place accordée aux cirques dans les villes, mais cela ne relève pas des cirques, mais plutôt des municipalités.
La journaliste dit également que la légèreté de ces règles est à l’origine des accidents qui se produisent chaque année dans les cirques. Cependant, ces accidents sont dus, dans la majorité des cas, à l’inconscience, à l’innocence, à l’inattention des gens. Par exemple, une petite fille en 2004 s’est faite mordre par un chimpanzé. Elle s’agitait devant les singes, elle était excitée, ce qui a énervé le chimpanzé qui, par voie de conséquence, l’a mordue. Et combien de fois ai-je vu des gens passer de l’autre côté de la barrière de sécurité, pour voir de plus près les tigres, au risque de se faire arracher un bras, ou crever un œil ! Et, bien sûr, les associations de défense des animaux comme One Voice (qui est soi-disant « une référence sur la question animale » !), font leur communication là-dessus, mettant toujours en cause la responsabilité du cirque, mais jamais celle du visiteur, du spectateur.
La journaliste dit également que « la plupart des cirques ne possèdent pas les certificats de capacité à détenir des animaux sauvages, ni-même l’autorisation d’ouverture de l’établissement ». Précisons que le ministère de l’écologie possède une commission qui délivre les certificats de capacité (indispensables pour détenir des animaux sauvages et les présenter en représentation), et qu’il envoie très régulièrement ses agents dans les cirques pour vérifier les conditions de vie de l’animal et que son propriétaire possède bien le certificat. C’est donc une très petite minorité de cirques qui ne possèdent pas de certificats de capacité et non la majorité comme le laisse à penser l’article. Ces cirques étant contrôlés régulièrement, les animaux sont confisqués et placés par décision de justice dans des zoos, des sanctuaires (etc.) et les propriétaires condamnés.
Devant les arguments que présente la journaliste, la France devrait suivre l’Autriche, le Canada et la Suède qui n’autorisent pas les animaux non domestiques. Cependant, un cirque sans animaux, ce n’est plus un cirque, mais c’est surtout la mort du cirque ! Les cirques présentent des spectacles non subventionnés et c’est le public qui paie. Or, le public veut voir avant tout des animaux, des espèces sauvages. « Avez-vous des animaux et lesquels ? », est une question récurrente aux caisses. 14 millions de français se rendent au cirque traditionnel chaque année. Alors non, il ne faut pas penser comme la journaliste que le développement du cirque sans animaux, c’est-à-dire du cirque contemporain, soit une bonne alternative à l’interdiction des animaux dans les cirques. Ce n’est pas ce que les gens recherchent. D’ailleurs, originellement le cirque est défini comme une enceinte circulaire où se donnent des spectacles équestres, animaliers… De plus, le nouveau cirque n’a rien à voir avec le cirque traditionnel : ils présentent un mélange de plusieurs arts : danse, théâtre, cirque…
La France ne continue pas et n’a jamais encouragé les dérives en matière de protection animale contrairement à ce qu’affirme la journaliste. Ce n’est donc pas cet « éternel mauvais élève de l’Union Européenne », présenté dans l’article. Comme je l’ai dit précédemment, la France applique de nombreux procès verbaux, décrets, circulaires, lois, conventions, arrêtés, pour protéger les animaux sauvages présentés dans les cirques. Le gros problème des pouvoirs publics réside dans le fait qu’ils ne procèdent à aucune consultation réelle de la profession. Les représentants des cirques traditionnels ne siègent pas à la commission qui délivre « l’autorisation d’ouverture des sites habilités pour la présentation d’espèces de la faune sauvage captive ». De même, au sujet du certificat de capacité, le cirque s’estime sous représenté dans les commissions d’attribution. Cependant, un rapprochement serait bénéfique au maintien du cirque traditionnel et au bien-être des animaux : une réorganisation des échanges, associant les parcs et les cirques ». La production de textes draconiens est inutile, l’adaptation des lois est nécessaire.
En outre, comme le dit l’article, « sans accord de la municipalité, un cirque ne peut s’installer pour donner des représentation dans ladite commune ». Mais il ne faut pas, comme le fait la journaliste, appeler les mairies à prendre leurs responsabilités et à interdire l’installation des cirques, qui rencontrent assez de difficultés comme cela à obtenir une autorisation de passage. Pour faire une demande de passage, les cirques doivent fournir plusieurs documents : certificats de capacité, autorisation d’ouverture de l’établissement, assurance du chapiteau, certificats de mise aux normes des installations (etc.). A partir de cela, les mairies sont aptes à juger de la « fiabilité » du cirque et à autoriser ou non le passage du cirque. De même, dans nombre de villes, une relation de confiance s’installe entre les cirques et la municipalité. Les mêmes cirques reviennent tous les ans dans la même ville, car la mairie a pu constater la qualité des installations, du spectacle, des soins apportés aux animaux…
Alors, ne faisons pas de généralisation des cas isolés de Brutus le lion, enlevé au cirque Vitalis il y a quatre ans, et de Samba l’éléphante retirée au cirque d’Europe International en 2005. D’ailleurs, lorsqu’on regarde les sites Internet de One Voice ou d’autres associations ou organisations qui se battent contre les « cirques avec animaux », peu de cas de maltraitance sont rapportés (les cas cités précédemment datent d’il y a quatre ans). Les associations ont vraiment tendance à généraliser certains cas isolés, pour mettre en danger la majorité des cirques traditionnels qui soignent et aiment leurs animaux. Alors non, il ne faut pas appeler au boycott des cirques avec animaux, comme le fait l’article, car les animaux ne sont pas détenus abusivement à des fins économiques. Laissons les gens se rendre compte par eux-mêmes. En fonction de ce qu’ils constatent, les gens signent ou non les pétitions sur Internet, qui visent majoritairement à l’anéantissement du cirque traditionnel. Et dans 95% des cas, les gens se rendent compte du bon traitement et de l’amour que les dresseurs portent à leurs animaux. Comme le dit Raoul Gibault : « nous aimons nos animaux et nous sommes là pour les défendre ». Aussi, Eric Bormann est un amoureux fou de ses bêtes. La toute première chose qu’il fait en se levant est d’aller soigner ses animaux. De même, un éléphant n’est-il pas mieux traité dans un cirque, qu’abandonné dans la jungle aux chasseurs d’ivoire, qui les tuent sans la moindre pitié ? Et, les dresseurs se dévouent entièrement à leurs bêtes. Si vous voulez des leçons d’amour et de patience, venez au cirque !!!
Notez que beaucoup de grands, moyens ou petits cirques français, militent activement pour défendre la tradition qui veut qu’au cirque les animaux soient de véritables artistes à qui les dresseurs, les soigneurs offrent affection, confort, soins divers et nourriture appropriée. C’est pour cela que l’association « Animaux Artistes » a été créée par Gilbert Edelstein, PDG du cirque Pinder Jean Richard et animée par de nombreux professionnels du cirque qui aiment passionnément leurs animaux. Le cirque traditionnel a besoin de votre soutien et de votre engagement à ses côtés pour que vive le cirque avec animaux, alors adhérez à l’association « Animaux Artistes ».
Adresse : « Animaux Artistes »
24, rue Villebois-Mareuil
94 370 SUCY-EN-BRIE